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L'éditorial du Président de l'association :

L’addictologie, fédératrice de l’alcoologie , la toxicomanie et la tabacologie, évolue désormais pour son propre compte, comme une discipline à part entière.


Dans les classifications américaines des troubles mentaux, c’est à partir de 1952 que le terme d’alcoolisme apparaît (classé à cette époque dans la même rubrique des non classés ailleurs regroupant par exemple les troubles de personnalité et l’homosexualité … !).
Après différentes évolutions c’est après les années 80 que vont se distinguer l’abus de la dépendance à une substance, puis l’addiction au sens fédérateur du terme dans les années 90, avec distinction d’une psychodépendance et une biodépendance.


En 2013, la 5ème version de cette classification des troubles mentaux devrait voir consacrer des évolutions qui sont conformes à nos pratiques :
   1) Le terme de dépendance devrait être réduit à la biodépendance (tolérance et sevrage à une substance exclusivement), la dépendance au cannabis devrait apparaître en tant que telle, le jeux pathologique devrait apparaître comme une des principales addictions sans substance.
   2) Les contours de l’abus ou de l’excès devraient être remis en cause, surtout dans leur lien de causalité temporel de l’usage à la dépendance. En d’autre terme, il n’apparaît plus certain qu’il faille pour un usager passer du stade de l’excès d’une substance à celui de la dépendance, celle ci peut apparaître d’emblée, et inversement, certain restent usager dans l’excès sans jamais développer de dépendance.

 
Ces deux évolutions conceptuelles auront certainement d’importantes répercussions sur nos pratiques professionnelles, et sera de nature à dynamiser encore un peu plus nos réflexions notamment sur l’organisation des soins en Basse Normandie.


Cette année 2011 commence à l’occasion de notre assemblée générale du 22 mars par une conférence du Pr Pascal de SUTTER de l’université Catholique de LOUVAIN sur le thème de la sexualité et l’usage de substances psycho-actives, ainsi qu’une réflexion autour de la question des addictions sexuelles ou de la sexualité « excessive ».


Le colloque de fin d’année sera centré autour d’un mode de consommation particulier de substance : « la fumée ».


Je nous souhaite de consommer du COM ADDICT cette année sans modération !


Dr François VABRET
Président de l'association